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Nucléaire, charbon et énergies marines renouvelables : le point sur le contexte énergétique et les conséquences sur le port de Cherbourg

Publié par cherbourgescale sur 19 Novembre 2011, 11:50am

Catégories : #Port de Cherbourg

Alors que la population mondiale a dépassé les 7 milliards de personnes et que ce chiffre devrait être doublé d'ici une centaine d'année, la question du choix des différentes sources d'énergies et leurs parts dans la production d'électricité mondiale et française est essentielle. CherbourgEscale vous propose un point sur la situation du nucléaire, du marché du charbon et des énergies marines renouvelables, 3 énergies qui intéressent le port de Cherbourg.

 

L'ENERGIE NUCLEAIRE AU COEUR DE TOUS LES DEBATS

 

Après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon, le nucléaire, qui était alors considéré comme une énergie propre s'est trouvé remis en question par de nombreuses personnes.

Aujourd'hui, la France compte dans son parc nucléaire 58 réacteurs à eau pressurisée (REP) et un EPR (European Pressurised Reactor) en construction, ce qui porte à environ 60 GWe la puissance installée. Celle-ci représente 75% de la production électrique française, le reste étant produit par des centrales thermique (charbon 15% et gaz 10%). A l'heure où les centrales en fonctionnement voient leur vie prolongées d'une vingtaine d'année, la construction d'une dizaine d'EPR aurait permis de remplacer la moitié du parc français avant une transition vers les RNR (Réacteur à Neutrons Rapides) de génération 4.

L'intérêt des EPR (REP en version améliorée pour simplifier) est qu'ils ont une durée de vie multipliée par 4/3 et qu'ils ont une productivité beaucoup plus importante, donc un meilleur rendement. De plus, les EPR sont beaucoup plus sûrs que les REP avec une quatrième barrière : une seconde enceinte de confinement et une surface de récupération du Corium (qui éviterait toute perte en cas de fuite radioactive). Bien que beaucoup plus sûrs que ses prédécesseurs de génération 2, l'EPR (génération 3) de Flamanville sera peut-être le seul à voir le jour en France. La construction du second devait être lancée ce mois-ci. Cependant d'autres pays ont bien vu l'intérêt de tels réacteurs comme la Chine qui a lancé la construction de 2 EPR. L'EPR possède une autre qualité, celle d'utiliser comme combustible du MOX à 100%. Le MOX, fabriqué à partir de plutonium (utilisé pour l'armement) et d'Uranium appauvri, permet de recycler le combustible usagé et présente l'intérêt de rendre le nucléaire "propre" et de réduire le stock de plutonium utilisé pour créer des bombes. Le MOX, exclusivement fabriqué par Areva dans la Manche, peut également être utilisé par certains REP (notamment en France et au Japon).

A partir de 2035, des réacteurs de nouvelle génération, les RNR (réacteurs à neutrons rapides) devraient voir le jour en France. Avec les REP, les réserves en Uranium permettraient une exploitation pendant encore au moins 70 ans. Ce chiffres peut être presque doublé avec les EPR. Ces types de réacteurs n'utilisent cependant que 0,5% (REP) à 1% (EPR) de l'Uranium naturel. L'arrivée des RNR permettrait l'utilisation de la totalité de l'Uranium naturel qui pourrait ensuite être recyclé. Les réserves actuelles passent alors à environ 2500 ans et permettraient de voir l'avenir différemment. Même si l'on rencontre toujours des problèmes sur les prototypes (Phoenix et Super Phoenix aujourd'hui à l'arrêt) des RNR (notamment avec le Sodium qui est extrêmement corrosif et inflammable), un troisième prototype devrait être construit en 2020 pour une production industriel en 2035.

La situation du parc français est résumée dans le graphique ci-dessous (réalisation personnelle).

PN.jpgSur le port de Cherbourg a transité jusqu'en mai 2011 du combustible nucléaire (notamment du MOX à destination du Japon). Même si les exportations se sont arrêtés, ils devraient reprendre d'ici quelques mois. La mise en service des EPR (Finlande 2014/2015, France 2016, Chine 2016/2019 et éventuellement aux États-Unis 2020/2025) devrait réamorcer les échanges avec la Manche via le port de Cherbourg.

Le projet Flexblue de DCNS qui vise à produire des centrales sous-marines pour des archipels ou des villes côtières pourrait voir le jour en 2014 pour une production en série l'année suivante sur le port.

Enfin, Areva a décidé de construire une chaudière au bois pour remplacer l'ancienne au fioul en 2012. Cette chaudière devrait permettre au port de Cherbourg de voir transiter 200000 tonnes de bois par an (environ 2 escales par mois à partir de 2013). 

Ci-dessous, le Pacific Sandpiper (à droite sur la photo) chargeant du MOX pour le Japon en 2010.juin-2010 0013

 

CHARBON : APRES L'ABANDON, LA REPRISE 

 

2011 03842Aujourd'hui, certains pays développés et pays en développement choisissent un retour au charbon ou au gaz naturel pour produire de l'électricité. Cette décision intervient suite à l'accident nucléaire de Fukushima et la fermeture de nombreuses centrales nucléaires. C'est notamment le cas en Allemagne, où la moitié des centrales sont à l'arrêt. Pour faire face à une demande croissante en électricité, des énergies fossiles sont de nouveau utilisées, le charbon ayant des avantages sur le gaz naturel comme un prix d'achat qui fluctue peu. C'est ainsi que les importations en charbon augmentent ces derniers mois en Europe et devrait continuer à croître pendant plusieurs années. On parle également beaucoup des stocks : alors qu'il ne reste que 50 à 150 ans de pétrole et de gaz naturel, il reste du charbon pour plus de 200 ans avec un développement normal.

A Cherbourg, la situation actuelle devrait conduire à des allègements plus réguliers de panamax en charbon. Pour l'instant 3 déchargements ont étés effectués (10/2010 - 05/2011 - 11/2011) et un quatrième pourrait avoir lieu avant la fin de l'année.

Le minéralier CO-OP Phoenix au quai des Flamands après s'être alléger de 45 000 tonnes de charbon2011 04262

 

LES ENERGIES MARINES RENOUVELABLES, POUR UN DEVELOPPEMENT RESPONSABLE 

 

2011-05302.jpgAujourd'hui, les énergies marines renouvelables (EMR) semblent-être une voix vers la sortie du nucléaire et des énergies fossiles. Même si les 3 GW annoncés par l'appel d'offres du gouvernement ne suffiront pas à une indépendance énergétique (jamais atteinte en France), ils montrent que la France souhaite s'inscrire dans une nouvelle ère, celle du développement et du respect de la planète. Cinq sites ont étés retenus pour le premier appel d'offre de 3 GW. Les industriels (Alstom et Areva) rendront leurs projets au gouvernement en janvier et ce dernier annoncera son choix (part de marché de chaque industriel) en avril et lancera en même temps un second appel d'offre d'une puissance totale de 3GW également.

Alstom a retenu les ports de St-Nazaire et Cherbourg, le premier pour la construction des alternateurs et des fondations marines (STX France participera à leur construction) et Cherbourg pour la construction des mâts et pâles d'éoliennes. Areva, associé avec Vinci et GDF, a annoncé avoir retenu le port du Havre pour ses usines. Alstom a lui choisi de s'associer avec  EDF énergies nouvelles, Poweo, Dong Energy et LM Wind Power, les deux derniers industriels cités ayant déjà un savoir-faire très important dans le monde entier. 

Si Alstom remporte au moins la moitié du marché, il s'implantera alors à Cherbourg pour plusieurs dizaines d'années et commencera la production en 2014. Alstom se positionnera également sur le second appel d'offres français où de nombreux sites proches du Cotentin ont de grandes chances d'être retenus : Cherbourg (400 MW), Les Grunes (100 MW), Neoen (100 MW), les Minquiers (200 MW), Maia (250MW) ou bien encore Calvados (500 MW). En plus des sites français, Alstom devrait se positionner sur les parcs Anglais, beaucoup plus importants au niveau de la puissance à installer.

Par rapport à son principal concurrent Areva, Alstom a l'avantage de proposer des machines plus grandes et plus productives (175 mètres de haut et une puissance de 6 MW pour Alstom contre 5 MW pour Areva). Alstom, en s'implantant sur deux sites différents, a également la possibilité de s'inscrire sur tous les appels d'offres français contrairement à Areva qui se contente de la zone Manche. 2011 05252

Si le gouvernement annonce que son choix s'est porté sur Alstom, le quai des Flamands sera allongé et les terre-pleins agrandis afin de répondre aux besoins des industriels. Des travaux de dragages sont également programmés en grande rade et des travaux de voiries pour faciliter les accès au terminal transmanche et aux quai des Mieilles et des Flamands ainsi que la zone industrialo-portuaires vont débuter à la fin du mois.

Enfin, DCNS a décider de s'investir également dans les EMR mais dans une technique beaucoup plus complexe : l'hydrolien. Le port de Cherbourg a été retenu pour la construction de 500 puis 1000 hydroliennes qui seront implantés dans le raz Blanchard, site choisi pour la puissance et la régularité de ses courants. La construction en série des machines sous-marines devrait débuter en 2014 ou 2015.

ef.jpg L'emplacement des futurs parcs éoliens (en jaune pour la France etrouge pour l'Angleterre) et hydroliens (en vert), réalisation CherbourgEscale

Le contexte actuel concernant les énergies semble largement favorable au port de Cherbourg qui devrait voir ses traffics se développer plus ou moins rapidement en fonction du type d'énergie et des choix politiques français et internationaux.

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